L’église d’Athée-sur-Cher, Chapitre IV
L’église, lieu de sépulture
Les curés de la paroisse pouvaient se faire enterrer dans l’église et spécialement dans le chœur. Cette pratique est visible dans les registres paroissiaux :
« Ce 13 juin 1750 a esté inhumé dans cette église, M. Joseph Belluot, âgé de 71 ans, prestre, curé de cette paroisse… »
La plupart des paroissiens étaient inhumés dans les cimetières. Vers 1700, ils étaient inhumés dans le petit cimetière autour de l’église ou dans le grand cimetière le long du chemin allant d’Athée à Bléré. Vers 1760, les inhumations faites dans le petit cimetière sont dites faites « sous les hêtres de cette église ». Les paroissiens pouvaient également se faire enterrer sous le porche de l’église, devant la façade ouest.
Exemples d’inhumation sous la galerie :
– 13 avril 1700 : « Catherine, fille de Jean Aubec, vigneron… a été inhumée sous la galerie de cette église ».
– 14 avril 1700 : « Jullien, fils de François Rossignol, vigneron… a été inhumé sous la galerie de cette église ».
Certains paroissiens, nobles ou bienfaiteurs, se faisaient également inhumer dans l’église. Exemples :
– Par son testament du 24 octobre 1588, Claudine Bidault demanda à « estre ensépulturée soigneusement et enterré en l’église d’Athée près la fosse de ses parens et mays ».
On trouve dans les comptes de la fabrique de 1663 : « Premièrement receu de François Belluot pour fille de François Chevreau qui a été enterrée dans l’église, à laquelle le luminaire a été allumé, le 7 de novembre 1663, 20 sols » (Arch. Dép. 37 : G 686).
À la fin du XVIIe siècle, Catherine Aubert, veuve de Pierre Duval, avait un banc dans l’église sous lequel elle pouvait se faire inhumer (Arch. Dép. 37 : G 686 : donation faite à la fabrique, 24 juin 1696).
– 16 juillet 1700 : « Romain Chevereau, âgé de 30 ans, ou environ, a été inhumé dans cette église… du consentement de monsieur Pierre Farcy, curé ».
– 27 juillet 1700 : « Jacques Pinon, âgé de 50 ans ou environ, a été inhumé dans cette église ».
– 3 décembre 1760 : « François Grandin, thuilier, âgé de 42 ans ou environ, en présence de Marie Lucas, sa femme… ».
– 26 décembre 1760 : « Marie Bidault, âgée de 68 ans, ou environ, veuve de feu Pierre Neroier… »
Une ordonnance royale du 10 mars 1776 limitera ce droit de sépulture dans l’église au curé de la paroisse et aux fondateurs des chapelles.
Construction d’un nouveau cimetière : 1776
À la suite de l’ordonnance de mars 1776, l’assemblée des habitants décida de réutiliser l’ancien cimetière situé hors du bourg. Il fut décidé de le renfermer de haies vives. Le devis fut réalisé le 29 septembre 1776. L’adjudication eut lieu le 6 octobre 1776 en faveur de Louis Duchamp pour 545 livres. L’intendant annula l’adjudication le 24 février 1777 et ordonna une visite des lieux. Le 14 avril 1777, Pierre Barais constata que le terrain du nouveau cimetière était bien choisi et les ouvrages bien faits (Arch. Dép. 37 : C 299).
Conflit entre habitants et curé en 1788
Un acte d’assemblée du 13 janvier 1788 révèle un conflit entre les paroissiens et le curé concernant des réparations urgentes de l’église et le financement du nouveau presbytère. Les habitants déposèrent une requête auprès de l’intendant de la généralité. L’affaire fut suspendue par la Révolution.
Nicolas Froger, curé constitutionnel
Nicolas Froger (Arch. Dép. 37: Lv 632), curé en 1790, né le 9 février 1756 à Tours, fils d’Antoine Froger, maître verrier, prêta le serment civique le 23 janvier 1791 et le renouvellera le 17 octobre 1792. Il prêta également le serment républicain le 1 Frimaire an VI (21 novembre 1797). En 1800, il réside à Civray-de-Touraine.
La suppression du culte
L’église devint en 1793 le Temple de la Raison, puis le Temple de l’Être Suprême. Les cloches furent fondues pour la guerre, l’argenterie et ornements vendus. Le culte reprit vers 1795 et fut complètement rétabli sous Napoléon (Arch. Dép. 37 : L m 125).
Les dernières grandes transformations
Remise en état au début du XIXe siècle
Des réparations eurent lieu en 1804-1805 pour la fontaine et l’église. Le dallage fut refait et la couverture révisée. Divers devis furent réalisés pour la couverture, le porche et le presbytère.
Réfection des gouttières et du beffroi : 1821
Les gouttières et la couverture furent réparées. Un nouveau beffroi fut construit, avec refonte de la cloche, rejointement du clocher, et couverture en plomb pour certaines gouttières. Travaux adjugés à Jean Guerrier pour 1372 F, le 6 juin 1821. Réparation de l’horloge en 1823.
Réparation du porche et de la couverture : 1825-1827
Les travaux sur le porche et la couverture furent exécutés par Raimbault, financés par une imposition extraordinaire et réceptionnés le 23 septembre 1827.
Dégagement des abords : 1838-1839
Les bâtiments appuyés sur le collatéral Nord furent démolis et le plan dressé en 1839.

Réfection de l’intérieur et de l’entrée : 1838-1841
L’intérieur fut remis à neuf sur trois années, réceptionné le 30 janvier 1841. Travaux de plâtrerie, peinture, serrurerie, menuiserie, ferblanterie et fourniture de pierres. L’État apporta une aide de 200 F.
Chronique des travaux et vitraux
– 1851 : Réfection de la toiture par Bedouet-Soudée.
– 1852-1854 : Te Deum chantés pour événements politiques.
– 1854 : Vitrail du chœur réalisé par Léopold Lobin.
– 1855 : Vitraux latéraux posés, IHS et AM.
– 1864 : Vitraux de couleur dans chapelles latérales.



Reconstruction de la façade ouest et charpente : 1866-1867
Reconstruction complète de la façade et de la charpente de la nef, remplacement de la voûte, pose de vitraux, couverture en ardoises et chaînage des murs. Matériaux : pierre de Pontlevoy et St-Aignan. Travaux adjugés à Joseph Borie. Coût total 7661,44 F, réception le 20 octobre 1867.