L’église d’Athée sur Cher, chapitre IV
L’église, lieu de sépulture
Les curés de la paroisse pouvaient se faire enterrer dans l’église et spécialement dans le chœur. Cette pratique est visible dans les registres paroissiaux :
« Ce 13 juin 1750 a esté inhumé dans cette église, M. Joseph Belluot, âgé de 71 ans, prestre, curé de cette paroisse, ayant pris possession de cette cure le … 1704, doyen rural de le doyenné de Bléré, et ce en présence de tous les parens de Philippe Belluot, prestres, vicaire de la dite paroisse, son neveu, et de tous les autres parens qui ont déclaré ne sçavoir signer… »
La plupart des paroissiens étaient inhumés dans les cimetières. Vers 1700, les paroissiens étaient inhumés dans le petit cimetière, autour de l’église, ou dans le grand cimetière situé le long du chemin allant d’Athée à Bléré. Vers 1760, les inhumations faites dans le petit cimetière, sont dites faites « sous les hestres de cette église ».
Les paroissiens pouvaient se faire également enterrer sous le porche de l’église, devant la façade ouest de l’édifice.
Exemples d’inhumation sous la galerie :
– Le 13 avril 1700, « Catherine, fille de jean Aubec, vigneron, et de Catherinne Roquet, son épouse, a esté inhumee… sous la gallerie de cette église ».
– Le 14 avril 1700, « Jullien, fils de François Rossignol, vigneron, et de Marie Penices, son épouse, a este inhumé… Sous la gallerie de cette église ».
Certains paroissiens, surtout des nobles, des notables ou des bienfaiteurs de la paroisse, se faisaient enterrer également dans l’église. Exemples :
– Par son testament datant du 24 octobre 1588, Claudine Bidault demanda à « estre ensépulturée soigneusement et enterré en l’église d’Athé près la fosse de ses parens et mays » .
On trouve dans les comptes de la fabrique de l’année 1663 : « Premièrement receu de François Belluot pour fille de François Chevreau qui a esté enterrée dans l’église, à laquelle le luminaire a esté alumé, le 7 de novembre 1663, 20 sols ». (Arch, Dép. 37 : G 686, comptes de la fabrique rendus en 1664).
A la fin du XVIIe siècle, Catherine Aubert, veuve de Pierre Duval, était une des personnes qui avait un banc dans l’église sous lequel elle pouvait se faire inhumer (Arch. Dép. 37 : G 686 : donation faite à la fabrique, le 24 juin 1696, d’une rente de 30 sols, pour qu’elle puisse jouir du lieu où est son banc dans l’église pour y être inhumée avec les siens).
– Le 16 juillet 1700 : »Romain Chevereau, âgé de 30 ans, ou environ, a esté inhumé dans cette église… du consentement de monsieur Pierre Farcy, curé de cette paroisse« .
– Le 27 juillet 1700 : »Jacques Pinon, âgé de 50 ans ou environ, a esté inhumé dans cette église« .
– Le 3 décembre 1760 « a esté inhumé… dans l’église de cette paroisse, François Grandin, thuilier, âgé de 42 ans ou environ, en présence de Marie Lucas, sa femme… »
– Le 26 décembre 1760 « a été inhumée dans l’église de cette paroisse… Marie Bidault, âgée de 68 ans, ou environ, veuve de feu Pierre Neroier…
– etc…
Une ordonnance royale du 10 mars 1776 limitera ce droit de sépulture dans l’église au curé de la paroisse et aux fondateurs des chapelles.
Construction d’un nouveau cimetière : 1776
A la suite de l’ordonnance de mars 1776, l’assemblée des habitants de la paroisse décida de réutiliser l’ancien cimetière situé hors du bourg (1). Ce cimetière étant trop grand pour le faire renfermer de murs, il fut décidé de le renfermer de haies vives. Un devis fut réalisé le 29 septembre 1776. L’adjudication des travaux de clôture eut lieu le 6 octobre 1776, en faveur de Louis Duchamp, terrassier demeurant à Azay, pour 545 livres.
L’intendant de la généralité de Tours annula cette adjudication le 24 février 1777, sous prétexte qu’il ne l’avait pas autorisée. Il ordonna une visite des lieux. Le 14 avril 1777, Pierre Barais, employé dans les ouvrages du roi, constata pour l’intendant que le terrain du nouveau cimetière était bien choisi et que les ouvrages avaient été bien faits par le sieur Duchamp. (Arch, Dép. 37 : C 299.)
Conflit entre les habitants et le curé en 1788
Un acte d’assemblée des habitants de la paroisse, datant du 13 janvier 1788, nous apprend l’existence à cette époque d’un conflit entre les paroissiens et leur curé. Les habitants sont représentés par « messire Lucien François Doen, seigneur de la paroisse d’Athée, Brisse d’Aumé, Jean Guerrier, François Avenet, Jean Foucher, Jean Boudonneau, Pierre Dupuy, Silvain Boudonneau, Jean Dallet, Estienne Romain, Jean Morineau le jeune, Silvain Deniau, Jacques Avrint, Gilles Avenet, Gilles Rolland, Toussaint Douard, Charles Houssard, Charles Fillon, Jacques Blondeau, Jean Landre, Cristophe Roguet, Jean Violleau, faisant la plus saine et majeure partie des manants et habitants de la ditte paroisse d’Athée ».
Le conflit était intervenu parce qu’ « il y avait des réparations très urgentes à faire à l’église de la ditte paroisse tant à la couverture, vitraux que recarrelage, qui étaient dans le plus grand désordre, que sy l’on ne faisait faire ces réparations, il en surviendrait un dépérissement qui causerait une dépense considérable aux habitants et biens tenants de la ditte paroisse ».
Les habitants voulaient financer ces réparations par la vente de la coupe des bois de la cure, alors que le curé faisait couper tous les arbres des domaines de la cure pour se chauffer. Les paroissiens s’insurgeaient contre ces faits, d’autant plus que le curé avait demandé aux habitants le financement de la construction d’un nouveau presbytère qui leur coûtait à l’époque 4500 livres. L’assemblée des habitants déposa donc une requête auprès de l’intendant de la généralité.
Il semble que cette affaire ait été définitivement suspendue par la Révolution.
Nicolas Froger, curé constitutionnel
Nicolas Froger (Arch. Dép. 37: Lv 632, fol 136 à 143.), curé de la paroisse en 1790, né le 9 février 1756 à Tours, était fils d’Antoine Froger, maître verrier. Il prêta le serment requis par la loi le 23 janvier 1791 « en l’église de la paroisse d’Athée, onze heures et demi avant midi, à l’issue de la grande messe célébrée en la dite église, et en présence du conseil général de la commune, et des fidèles assemblés, monsieur Nicolas Froger, curé de la dite paroisse s’est présenté monté en chaire, et a dit qu’en exécution du décret de l’assemblée nationale du 27 novembre dernier, sanctionné par le roi le 26 décembre aussy dernier, lu et publié en cette municipalité et au prône le 15 de ce mois, il venoit avec empressement prêter le serment civique prescrit par ledit décret, et après un discours dans lequel il a exprimé à grande édiffication des assistants ses sentiments d’attachement à la nouvelle constitution et son obéissance aux loix, a prononcé à haute et intelligible voix, et la main levée le serment solennel de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse confiés à ses soins d’être fidèle à la Nation, à la loi et au Roy, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution décrétée par l’assemblée nationale et acceptée par le roy ». Il renouvellera son serment de fidélité le 17 octobre 1792.
Lors de la reprise du culte, Nicolas Froger, en tant que ministre de la religion catholique à Athée, prêta le serment de haine à la royauté et à l’anarchie, et d’attachement et de fidélité à la République et à la constitution de l’an III, le 1 Frimaire an VI (21 novembre 1797).
Le même jour, l’administration cantonale de Bléré certifia que « le citoyen Nicolas Froger, ministre du culte catholique, dans la commune d’Athée, âgé de 40 ans, taille de 5 pieds deux pouces, cheveux gris mêlé, sourcils bruns, yeux chatins, nez ordinaire, front moyen, bouche moyenne, menton rond, visage oval, réside dans la commune d’Athée, dans la maison du citoyen Daen, propriétaire, sans interruption depuis le premier Vendémiaire an IV ».
Il n’avait point émigré, ni été détenu et ne s’était jamais rétracté.
Le 19 Germinal an VIII (avril 1800), on signale qu’il réside depuis plusieurs années à Civray (Civray-de-Touraine).
La suppression du culte
L’église devint d’abord, en 1793, le Temple de la Raison, c’est à dire un lieu de lecture publique des lois et des décrets passés par l’Assemblée Nationale, puis, sous l’influence de Robespierre, le Temple de l’Être Suprême.
Une ou plusieurs des cloches de l’église furent transportées au district pour être fondues pour faire des canons, des fusils, ou de la monnaie. Les autres objets métalliques, l’argenterie, le linge, et les divers ornements furent également saisis et vendus.Pendant la suppression du culte, il y eut probablement quelques dommages. Les symboles de la féodalité, c’est à dire les écussons des seigneurs de la paroisse, ont dû être grattés.Le culte ne reprit que vers 1795, mais il faut attendre Napoléon et le concordat pour que les choses soient complètement rétablies (Arch. Dép. 37 : L m 125, fol 65 v’, 6 Nivôse an VII (décembre 1798) : dénonciation sur le fait que la célébration des décades ne se fait pas dans le canton de Bléré.). La fabrique, dissoute pendant la Révolution, fut reconstituée au début du XIXe siècle.
Les dernières grandes transformations
Remise en état de l’église au début du 19e siècle
Des réparations eurent lieu en l’an XII (1804), à la fontaine et à l’église d’Athée. Une entretoise fut ainsi posée sous le porche pour retenir les deux poteaux cormiers (11,00F). Ces ouvrages furent réceptionnés le 29 Floréal an XIII (mai 1805).
Le dallage de l’église avait grandement besoin de réparation. Un devis d’un montant de 643,84F fut rédigé le 9 Prairial an XIII : l’aire de la dite église étant entièrement dépavée, et affaissée, dans différents endroits, elle sera redressée de niveau et couverte d’une couche de 12 centimètres d’épaisseur faite avec ces pierralles bien battues, garnies et maçonnées avec du mortier de chaux et sable ; dans le relevé à bout de carrelage, toutes les larges pierres et les grands carreaux seront ernployés dans la nef et le surplus de grands carreaux dans la chapelle à droite, près du chœur. Cette réfection fut adjugée le 4 Messidor an XIII (juin 1805), en faveur de Silvain Raimbault, maçon, elle fut réceptionnée le 21 Vendémiaire an XIV (octobre 1805).
Un autre devis concernant la couverture de l’église, son porche et le presbytère sera dressé le 25 juillet 1808. Les sablières des murs de l’église devaient être réparées (« les dalles en pierre qui reçoivent les eaux du comble de l’église et qui les portent (Il s’agit des sablières) sont dégradées ). La couverture du chœur, et du collatéral Nord devait être refaite à neuf. Le reste de la couverture devait être révisé. Le parvis de l’église devait être consolidé car deux poteaux donnant sur la rue étaient pourris. Des dais en pierre devaient être placés dessous. « L’ouverture de la porte du clocher dans l’intérieur (Petite porte Nord) donnant en face du grand autel sera murée pour prévenir tout accident par la chute des poids de l’horloge ; l’ouverture de la petite porte à côté, donnant sur l’église sera garnie d’une porte en bois ».
Nous ne savons pas à qui furent attribués ces travaux.
Réfection des gouttières et du beffroi :1821
Un devis fut dressé le 21 octobre 1816 : « malgré toutes les réparations qu’on pourrait faire aux gouttières qui sont au-dessus de la petite nef à gauche de l’église, il est constant qu’on ne pourrait empêcher l’eau d’y tomber par les grandes pluies si on ne les garnies pas en plomb ». Le Conseil Municipal décida donc le 20 septembre 1818, d’approuver ce devis et de faire établir de nouvelles gouttières, et de faire réparer la couverture de l’église. Mais, comme il fut signalé, lors de cette réunion, que le bois de la charpente qui soutenait la cloche, était vermoulu, un nouveau devis pour la confection et la pose d’un beffroi neuf fut dressé le 1 septembre 1820 (541,71F ).
En plus de ces travaux, la refonte de la cloche fracturée était nécessaire, un nouveau devis fut encore une fois dressé le 12 avril 1821. En plus de la réfection totale du beffroi, il fut ajouté : la refonte de la cloche, le rejointement du clocher à l’intérieur, pour la conservation du nouveau beffroi, et à l’extérieur, la diminution des baies du beffroi (8 baies trop grandes) par lesquelles l’eau passait. Il sera, en effet, construit des massifs de maçonnerie de 0,80 m de hauteur en talus sur les appuis des baies du beffroi. La couverture de l’église devait être également réparée, et certaines gouttières en bois (au-dessus de la petite nef côté Nord, et du côté opposé le long du clocher) devaient être changées pour des gouttières en plomb.
Ces travaux furent adjugés à Jean Guerrier maître charpentier pour 1372,00F, le 6 juin 1821.
En 1823, c’est au tour de l’horloge d’être réparée.
Réparation des couvertures et du porche
Un devis des réparations à faire à l’église et au presbytère fut dressé le 20 septembre 1825 : »la couverture du porche a besoin d’être refaite sur lattis neuf (2000 ardoises)…, 100 m2 de couverture… Pour lier le poteau Sud-Est du porche avec le faite, l’entrepreneur fournira une bande de fer de deux mètres de longueur…
Repiquage de toute la couverture de l’église (400 ardoises)…La noue qui se trouve entre les deux portes d’entrée sera réparée de manière à ce qu’elle ne fasse plus d’eau ; Réparation du mur d’appui du porche, qui sera couronné par un rang de bahut en pierre dure ».
Ces travaux, réalisés à l’église et au presbytère, furent financés par une imposition extraordinaire (Autorisation ministérielle du 22 novembre 1826 : 439,00 F) et furent exécutés par le sieur Raimbault. Ils furent réceptionnés le 23 septembre 1827 (Décompte du même jour : 439,47 F.).
Dégagement des abords de l’église : 1838-1839
Le Conseil Municipal, en réunion le 25 novembre 1838, décida de faire démolir des bâtiments appuyés sur le collatéral Nord de l’église (Procès verbal d’estimation de la démolition de deux bâtiments dépendant du presbytère : un cellier et un fournil situés près d’une fosse (10 janvier 1839). ). Un plan a été dressé à cet effet par un agent-voyer au début 1839.En 1839, lors des travaux d’alignement du bourg, eut lieu la suppression d’un mur appuyé sur la chapelle Sud.
Détail du plan de janvier 1839
Réfection de l’intérieur et de l’entrée de l’église : 1838-1841
L’intérieur de l’église fut remis à neuf dans une campagne de travaux qui dura trois années, 1838, 1839 et 1840. Ces travaux faits par économie furent réceptionnés le 30 janvier 1841 (total : 1801,03 F) (Ces travaux ont été faits en même temps que certains travaux au presbytère).
Ils furent réalisés par :
Veotty (plâtre du plafond ; 643,53 F), Vigneau, (peinture et vitrerie : 357,50 F),
Hardouin, serrurier (gros fers et serrurerie : 522,25 F),
Delaluisant, menuisier (101,20 F), Moreau, ferblantier (84,30 F),
Houssard, carrier, (fourniture de pierres : 48,00 F). La Municipalité reçut une aide de l’État de 200 F, par décision du 18 mai 1841, pour les travaux effectués à l’église et au presbytère. Un devis fut dressé le 20 mai 1841. Il concernait l’entrée, c’est à dire la réfection complète des portes, mais aussi du pavage du porche et des seuils des portes, et le recrépissage de la façade Ouest (« La grande porte de l’église à renouveler en entier en bois de chêne, première qualité de 4 centimètres d’épaisseur, figurée en ogive, et avec rainure sur la face extérieure. Cette porte aura deux vanneaux, et sur l’un sera posé une petite porte en guichet, côté du midi de un mètre 70 de hauteur, sur 70 cm de largeur, et sur l’autre sera établi un fort montant en charpente pour recevoir le battement de la petite porte ; ferrures des portes ; La face extérieure du pignon de l’église sera crépie renduite, regobetée, et blanchie à mortier de chaux, depuis sa base jusqu’au faîtage au perche », « Le devant des trois portes de l’église et du presbytère donnant sur le porche, sera rétabli convenablement en pierre de taille dure et gros moellons . . . le seuil de la porte principale sera repiqué et applani autant que possible ».
Pavage à faire sous le porche de l’église en blocage ; maçonnerie à faire en sous-œuvre aux murs du porche ; établissement d’un calvaire au milieu du cimetière. Puits à pompe à établir dans le jardin du presbytère. Murs et grandes portes du presbytère et entrée du cimetière à réparer.)
Chronique
– 1851 : Réfection de la toiture par monsieur Bedouet-Soudée (Devis du 12 janvier 1851 ; délibération du Conseil Municipal du 22 mai 1851 ; adjudication des travaux faite le 2 novembre 1851 pour 890 F).
– 11 janvier 1852 : Le Te Deum est chanté dans l’église par le Conseil Municipal en reconnaissance de l’élection du président de la République.
– 12 décembre 1852 : Le Te Deum est chanté à l’issue de la messe dans l’église en action de grâce du rétablissement de l’Empire.
– 1854 : Le vitrail du fond du chœur est posé. Il a été réalisé par Léopold Lobin, maître verrier de Tours. Il représente l’adoration des rois mages (La forteresse du fond est inspirée de celle de Loches, ville dont l’auteur était originaire.).
– 1855 : Les vitraux des deux baies latérales du chœur sont réalisés. Celui de gauche porte en médaillon dans le remplage le monogramme du Christ, celui de droite, le monogramme de sainte Marie. Un monogramme est un emblème qui réunit plusieurs lettres en un seul dessin, avec ou sans ornements supplémentaires. Le monogramme IHS (parfois JHS) est une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jésus » en grec. Il peut se traduire par IESUS, HOMINUM SALVATOR et interprété librement comme signifiant « Jésus, Sauveur des hommes ». Le monogramme AM pourrait signifier Avé Maria.
– 1854, 1856, 1857, 1858 : Diverses réparations d’entretien faites à la toiture de l’église par Bedouet-Soudée (En 1862, travaux de toiture aux bâtiments communaux : église, presbytère, maison-école ( Devis du 3 novembre 1861 ; adjudication des travaux le 7 septembre 1862).
– 1864 : Pose des vitraux de couleur dans les deux baies des chapelles latérales. Ces vitraux ont été faits par Léopold Lobin, maître verrier de Tours.
Assemblage des deux angles inférieurs Assemblage des deux angles inférieurs
Reconstruction de la façade ouest et de la charpente de la nef : 1866-67
Un devis fut établi le 20 mai 1863. L’architecte constata :
-« que la charpente du comble a éprouvé une déviation dans le sens longitudinal de l’Est à l’Ouest, que les cinq aiguilles qui se trouvent entre le mur de l’entrée et celui du clocher, surplombant de 0,75 m sur leur hauteur verticale de 8 m et que presque toutes les pièces qui composent cette charpente sont sorties de leurs assemblages,
– que par suite de la poussée exercée par la charpente, le mur de pignon de l’entrée surplombe de toute son épaisseur,
– que la reconstruction du mur d’entrée est d’une absolue nécessité,
– que la charpente actuelle, dans l’état déplaçable où elle se trouve, est irréparable, et qu’on ne peut éviter sa reconstruction, c’est à dire son rétablissement dans son état normal…
Par suite, il deviendra nécessaire de remplacer par une voûte en bois, la voûte en plâtre de la nef principale, laquelle est en mauvais état, et devra nécessairement disparaître par suite de la démolition de la charpente ». Le devis comprenait également de refaire en partie les carrelages.
Cette question fut débattue en Conseil Municipal les 2 août 1863 et 6 mars 1864. Il fut votée une somme de 3000 F. Le Conseil de fabrique, sans ressource, ne pouvait participer à ces travaux (Délibération de la fabrique du 28 mars 1864). Les plans de la restauration furent dessinés le 20 mai 1864. Pour faire face à cette dépense considérable, la Municipalité décida d’une imposition extraordinaire de 7500 F le 12 juin 1864. L’État apporta un secours de 1500 F par décision ministérielle du 23 février 1866. Pour achever le financement, sur la demande du préfet d’Indre-et-Loire, le Conseil Municipal vota une somme complémentaire de 1000 F le 13 mars 1866. L’adjudication des travaux eut lieu le 6 mai 1866 en faveur de M. Joseph Borie, entrepreneur demeurant à Troin.
Les travaux :
– démolition de la charpente du porche,
– démolition des maçonneries du pignon et du porche,
– étaiement du pignon et de la charpente,
– reconstruction du mur de façade et enduits de ce mur,
– aménagement dans cette façade d’une grande porte et de deux fenêtres géminées, de style néo-roman,
– démolition du plafond et redressage de la charpente de la nef,
– descellement et rescellement de trois tirants de la charpente, et pose de deux tirants neufs,
– pose d’une voûte en lambris dans la nef,
– reconstruction de la couverture en ardoises de la nef,
– chaînage avec des barres de fer pour tenir l’écartement des murs, – peinture des lambris, tirants, poinçons, et corniche de la voûte en lambris,
– raccord en plâtre des murs avec la corniche,
– réparation du carrelage,
– pose de vitraux en verre blanc (le desservant fera poser des vitraux de couleur en payant la différence de prix).
Les matériaux :
– pierre dure de Pontlevoy pour les socles des contreforts, et des montants de la porte,
– pierre de St-Aignan pour la naissance des rampes et le glacis des fenêtres,
Comme ces travaux eurent un coût plus élevé que prévu, la municipalité vota une somme de 5000 F le 10 février 1867 et fit une demande de secours supplémentaire de 1500 F à l’État. Une aide de 1000 F fut apportée par décision ministérielle du 31 mai 1867.
Les travaux eurent un coût total de 6870,80 F. Comme une somme de 7000 F avait été débloquée pour cette campagne, le Conseil Municipal décida, le 30 juin 1967, d’utiliser le surplus à la réfection des abords de l’église. Il fut également procédé à la réfection de quatre têtes d’éperons salpêtrés, et à la réfection de la base de l’édifice (Délibération du 18 août 1867),
La réception définitive des travaux eut lieu le 20 octobre 1867. Ils eurent un coût de 7661,44 F. Ce décompte fut approuvé par la municipalité le 10 novembre 1867.





