L’église d’Athée sur Cher, chapitre III

Les comptes de la fabrique

Les procureurs de la boîte et fabrique tenaient des comptes des recettes et des dépenses faites par l’organisme dont ils étaient responsables. Les recettes de la fabrique comprenaient le produit des processions, des quêtes, de la vente de chandelles, des taxes d’inhumation et de creusement des fosses dans l’église, le produit des fermes des terres…
Les frais de la fabrique comprenaient, entre autres, le coût du luminaire, les frais des processions, les frais des services religieux…
Quelques uns de ces comptes ont été conservés :
– Les comptes rendus par Jacques Thenon, et Pierre Chauvigné, pour 1506 à 1509, font mention de diverses processions, notamment à Quentin, à Notre-Dame de bon désir, à St-Jean-du-Grais, à Notre-Dame de Fougeray. Ils font également mention de la réparation du carrelage, de l’achat d’un couvercle pour les fonts baptismaux.
– En 1517, les comptes furent rendus par Pierre Bidault.
– En 1530, ils le furent par Martin Petit (mention des « deux angelots de devant le maître autel et de l’autel de Notre-Dame »).

– En 1613, ils furent rendus par Romain Rolland, procureur fabricier, pour les années 1612 et 1613 (on trouve dans ces comptes que furent payées à un maréchal, deux vergettes de fer pour retenir une partie de la vitre de la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié ; ces comptes font mention de processions faites au Grais le lundi de Pasques, à Lussault le mardi de Pâques, à Bléré le mardi des Rogations, à Saint-Martin-le-Beau le jour de la translation de St-Martin, d’une procession à Cigogné, à Azay-sur-Cher le lundi des rogations, à Cormery le jour de la Trinité, à Bono le jour de la fête Dieu…)

– En 1619, les comptes furent rendus par Jean de l’Étang.
– En 1664, ils le furent par Étienne Blondeau, et Toussaint Avenes.
Les comptes conservés de la boîte des Trépassés furent rendus par Jean Aulnet, pour 1607, et par Merry Défais pour 1612-1613.

La boîte de Saint-Urbain et la confrérie de St-Roch

Le testament de Jean Cosmier, l’aîné, demeurant au village de Baigneux, datant du 28 novembre 1607, nous apprend l’existence d’un organisme attaché au culte de St-Urbain. Par son testament, entre autres dispositions, cette personne donna 5 sols à la boîte de l’église d’Athée, c’est à dire 2 sols à la fabrique, deux sols à la boîte des Trépassés et un sol à la boîte de St-Urbain. Nous n’avons plus de détail sur cette autre boîte.
Dans l’ordonnance de l’archevêque de Tours de 1758, nous trouvons la mention d’une confrérie dédiée à Saint Roch. Cette confrérie était attachée à un autel situé dans la nef. Nous ne connaissons pas le règlement de cette confrérie qui avait sans doute, entre autres fonctions, d’organiser des processions, et de créer une solidarité entre confrères, pour faire face aux épidémies.
Saint Roch était surtout sollicité pour guérir les malades.

Don d’un particulier pour réparer l’église : 1659

Par son testament datant du 1 mars 1659, René Gorron donna à l’église d’Athée une somme de 400 livres, « pour icelle somme employer aux réparations… spécialement pour faire toutte ou partie d’un lambris pour cacher la charpente d’icelle église ou autres réparations qui se pouvoit trouver plus présante à la volonté des habitants de la dite paroisse ».
Ce testament nous apprend que la nef est encore recouverte d’une charpente apparente au milieu du XVIIe siècle. Les responsables de la fabrique eurent quelques difficultés à obtenir cette somme des héritiers du testateur. Deux actes d’assemblée des habitants de la paroisse, l’un le 4 janvier 1671, et l’autre le 7 juin 1671, nous indiquent que les paroissiens voulaient employer cette somme à la réfection du maître autel. Nous ne connaissons pas la véritable destination de l’importante somme d’argent.

L’ordonnance de l’archevêque de Tours de 1676

L’archevêque de Tours visita l’église d’Athée le 3 avril 1676. Le procès verbal de cette visite a été recopié par le curé dans les registres paroissiaux .
« Extrait du registre des procés verbaux de visite faictes par monseigneur l’illustrissime et révérendissime archevesque de Tours :
Et le dict jour 3ème dudit mois d’avril 1676, deux heures de relevé, nous archevesque de Tours, en constituant le coeur de nos visites, nous sommes transporté en la paroisse de St-Romain d’Athée.
Surquoy et sur tout ce que dessus ouy, et ce requérant nostre promoteur, avons ordonné ce qui suit:
– 1/ que le ciboire sera doré par le dedans et que le tabernacle sera garni de quelque étoffe aussy par le dedans et la clef d’iceluy sera fermée dans un lieu sûre,
– 2/ qu’il sera achepté au despans de la fabrice une petite custode d’argent pour porter le St-Sacrement aux malades,
– 3/ que le baptistaire sera tenu proprement et nettoyé de rampe en rampe…
– 4/ que la patène de l’un des deux calices qui n’est point dorée le sera au plus tost et le tableau des fondations sera refait, – 5/ sera aussy faict un dais pour servir lorsque l’on portera le St-Sacrement aux malades dans le bourg et le marguillier accompagnera le curé à ceste fonction mesme hors du bourg,
– 6/ La croix du cimettière qui est rompue sera reffaicte,
– 7/ Deffendons de célébrer les messes aux autels de Nostre-Dame, de Ste-Chaterinne, et de St-Mesmes (Il est difficile de dire où ce trouvaient ces autels) à moins qu’il n’y ayt un autel portatif sur chacun d’iceux,– 10/ Pour descharger en oultre la dicte fabrique de la dépense qu’il convient faire pour les processions, qui se font des églises de Cormery et de Bondésir, nous les avons supprimées et supprimons ayant égar à la distance des lieux,
– 11/ Enjoignons audit curé d’annoncer à chacun jour de dimanche, au prosne de la messe paroissiale les fondations qui doivent estre acquittées dans la semaine suivante… »

Ce procès verbal fut lu au prône de la messe paroissiale le dimanche 10 août 1676.

Bénédiction de cloche : 1695

Les registres paroissiaux gardent également le souvenir de la bénédiction des deux cloches de l’église en 1695 :
« Le 1 décembre 1695 ont esté bénistes la grosse et petite cloche. La grosse cloche a esté nommée Romain, Margueritte, le parain messire Elie Louis d’Acy, chevallier, seigneur de Riz de cette paroisse, la mareine damoiselle Margueritte de l’Orme, fille de Claude de l’Orme, seigneur du Puy de Loée, conseiller du roy, receveur des tailles en l’élection d’Amboise.
La petite des dittes cloches par François d’Acy, chevallier seigneur de Chesnais, son parain, et qui a esté tenue en son absence par messire Louis Sallier, soy () et la mareine, dame Marie Sallier, veuve de messire François d’Acy, vivant chevallier, seigneur de Riz, et de Chesnay, qui a esté aussi tenue en son absence par dame Anne de la Faure, femme de sieur Perrin Belluot de la Martinière, et béniste par moy curé soubsigné (Farcy) ».

L’ordonnance de l’archevêque de Tours de 1730

L’archevêque de Tours fit une autre visite de l’église le 15 mai 1730. Le procès verbal de cette visite a été recopié par le curé dans les registres paroissiaux :

Extrait du registre des procès verbaux et ordonnances faites par monseigneur l’illustrissime et révérendissime Louis Jacques de Chapt de Rastignac, archevêque de Tours dans le cours de ses visites : Veû les procès verbaux de l’autre part de l’église Saint-Romain d’Athée en datte du 15 may 1730, tous ordonnons
– 1/ que la petite custode sera doré en dedans, et qu’on fera étamer incesamment la cuvette des fonds, et relier le rituel, – 2/ qu’on se pouvoira de marbre pour mettre sur les petits autels dès que nous en aurons consacré,
– 3/ qu’on fera mettre des gradins, chandeliers, aux chapelles Saint-Laurent et Saint-Roch,
– 4/ qu’on fera raccomoder touttes les vitres tant de l’église que de la sacristie et même relever les panneaux rompus,
– 5/ qu’on fera incessamment pourvoir à la sureté de la voute de la chapelle de l’Assomption qui menace ruine.
Lesquelles ordonnances serons lues et publiées au prône de la messe paroissiale le dimanche d’après la réception d’icelles et transcrites sur le registre de l’église.
Enjoignons au sieur curé de nous rendre compte des diligences qui auront été faites pour parvenir à l’exécution de nostre présente ordonnance et dans deux mois du jour des présentes et pareillement à nostre promoteur d’y veiller, et d’y tenir la main. Fait à Athée au Château de Chenais, dans le cours de nos visites, les jours et an que dessus (signé à l’original L J Arch. de Tours).
Collationné la présente copie à son original par nous prestre chanoine de l’église de Tours et secrétaire de Monseigneur l’archevêque à Tours, le 3ème jour de juin 1730 (Francillon, chanoine, secrétaire).
Lu et publié l’ordonnance cy-dessus de l’autre part au prosne de nostre messe paroissiale, par nous curé soussigné cejourd’huy dimanche 25 juin 1730 (Belluot, curé d’Athée). »

L’ordonnance de l’archevêque de Tours de 1758

Un autre procès verbal de visite nous a été transmis par les registres paroissiaux :
« Henry Marie Bernardin de Rosset de Fleury, paria grâce de Dieu, et l’authorité de St-Siège apostolique, archevêque de Tours, conseiller du roy en tous ses conseils, vù le présent procès verbal de visite de l’église d’Athée, nous avons ordonné et ordonnons comme s’ensuit :
– 1/ que monsieur le curé exhortera fortement les père et mère, les maistres et maitresse d’envoyer leurs enfants et domestiques aux prônes, instructions et catéchismes qui se fairont régulièrement tous les dimanches et festes de l’année depuis la Toussaint jusqu’à la St-Jean et de s’y rendre eux mesmes autant qu’ils le pouront afin de s’instruire de plus en plus de la religion principalement ceux qui se présenteront pour estre marié et pour tenir ces enfants sur les fonds de baptême.
– 2/ que la petite custode sera dorée en dedans et que la petite croix qui est au-dessus sera redressée que monsieur le curé avisera, aux moyens qu’il y auroit à prendre pour procurer un pied au soleil qui n’en a point, afin de n’estre pas obligé de se servir de celuy d’un calice; ainsy qu’on l’a esté jusqu’à présent, que le croissant dudit soleil sera doré en dedans, qu’il sera mis une clavette à la boëte du St-Crème, et une petite croix au-dessus de la dite boëte ainsi qu’à celle des infirmes.
– 3/ que les deux chapelles de St-Roch et de St-Laurent qui sont dans l’intérieur de l’église seront tenues avec plus de décence sous peine de demeurer interdites, et qu’on réparera la marche de la chapelle de la Ste-Vierge, que les statuts de la confrairie de St-Roch, nous seront envoyés avec un estat de tout ce qui concerne la dite confrairie, nous reservant le soin de statuer à ce sujet ce qu’il conviendra, qu’il sera mis un appuy dans le confessional de monsieur le curé, qu’il sera fourni une nouvelle chaire, pour estre placée et adossée au pilier de St-Roch, l’ancienne étant hors d’état de servir.

– 4/ que l’on fera raccommoder le calice qui est faussé, qu’on fournira trois aubes neuves avec trois cordons et qu’on réparera les ornements et les linges de chant de la dite église, qu’on fera relier le rituel et qu’on fera réparer les livres de chant, qu’on fournira une cuillère pour mettre l’encens dans l’encensoir et qu’on fera une table des obits et fondation dont l’une sera placée à la sacristie et l’autre déposée au presbitère, qu’on fournira un carton pour préparation de la messe lequel sera placé à la sacristie.

– 5/ que le vitrage de la sacristie sera réparé ainsi que celuy de l’église, qu’on bouchera les trous qui sont au pinacle de dite église, qu’on réparera la couverture et la charpente de la dite église et qu’on y fera visiter les lézardes qui y sont afin d’obvier à la ruine dont elle pouroit estre menacée.
– 6/ qu’on posera une croix au milieu du cimetière et qu’on fera mettre des barières pour en empescher l’entrée aux bestiaux qu’on fera réparer la maison presbitérale partout où besoin sera.
– 7/ que monsieur le curé fera rendre incesamment par devant luy les comtes des revenus de la fabrice de l’église tant par messieurs les fabriciers qui sont desjà sortis de cette charge que par ceux qui y sont entrés.
– 8/ que le sieur curé exhortera les paroissiens de fréquenter les Sacrements les jours du patron et des quatre fastes annuelles, nous luy permettons en conséquence d’exposer ces jours le Très Saint Sacrement pendant les offices, seulement et nous accordons quarante jours d’indulgence à ceux qui s’estant confessés communieront ces jours là, et prieront dans l’intention de l’église,
Et sera notre présente ordonnance lue et publiée aux prônes des messes paroissiales par trois dimanches consécutifs et transcrits sur les registres des baptêmes, mariages et sépultures, enjoignons à notre promoteur de veiller à son éxécution et au sieur curé de nous en certifier dans 6 mois, à compter du jour de la publication. Donné à Bléré en cours de visites le 25ème jour d’octobre 1758 – signé Henry, archevêque de Tours ; collationé et conforme à l’original en foy de quoy j’ay délivré le présent certificat à Tours, le 16 janvier 1759 – Daviau, promoteur secrétaire.
J’ay lu le présent mandement dy-dessus aux prônes de nos messes paroissiales par trois dimanches consécutifs conformément à l’ordonnance en foy de quoy, à Athée, ce 14 may 1759 – J’ay signé Lenoir, curé ».

On peut signaler que les registres paroissiaux gardent également le souvenir de deux événements religieux :
Le 14 mai 1760, la bénédiction de la croix de la Gagnerie.

Le 3 juin 1774, la bénédiction de la croix Merlou.