La Fanfare 1888
1888
Le 1er janvier 1888, une sortie en musique commença l’année. À cette occasion, M. l’abbé Hénault donna 10 F pour les étrennes, et nous avions omis de dire que depuis plusieurs années déjà, il le faisait régulièrement.
Une démarche déloyale
Cependant, l’Union Musicale, qui se morfondait en silence, s’imagina qu’elle pouvait s’intituler Musique Municipale parce qu’elle n’entrait pas à l’église, et voulut grâce à ce titre réclamer au Conseil Municipal les instruments de la 1ère Fanfare.
Voici la copie de la demande qui fut adressée à la Mairie à cet effet, mais qui resta sans réponse officielle puisque la Fanfare d’Athée avait reçu légitimement les objets réclamés. Nous respectons l’orthographe du rédacteur :
« Les soussignés, c’étant former en fanfare, s’adresse aux conseil municipal d’Athée pour Obtenir les Instruments qui ont été déposé à la Mairie par l’ancienne fanfare… »
Personne ne prit au sérieux cette réclamation et la Fanfare resta en possession de son matériel. La Grosse Caisse se fit retaper car elle commençait à vieilloter, et le 10 mars, puis le 25 mars, on organisa deux soirées théâtrales chez Chotard, où l’assistance vint en foule applaudir nos braves musiciens.
Les casquettes d’uniforme
Ce fut encore cette année que toute la Fanfare reçut de Madame P. Collinet des casquettes d’uniforme, et plus tard Gardeau et Imbert se munirent du même couvre-chef pour faire partie de la société.
Festival à Saint-Martin-le-Beau
Le 2 septembre, premier dimanche du mois, la fanfare Sainte-Cécile de Saint-Martin-le-Beau invita la Fanfare d’Athée à un festival qui eut lieu sur la place de la Mairie, sous la direction de M. Soreau. Une collation fut offerte aux musiciens par leurs camarades, chez M. Desplaces-Régnier qui avait prêté son local pour la circonstance.
Sépulture de Silvain Landré
Le 5 septembre, un deuil pénible vint assombrir toutes ces joies. Silvain Landré, un de nos chers musiciens, mourut à la fleur de l’âge, d’un mal qui ne lui pardonna pas. Le 8 eut lieu sa sépulture, il fut porté au cimetière par les membres de la Fanfare, et toute la jeunesse du pays suivit son cercueil, car on perdait en lui un charmant et loyal jeune homme…
Projet de règlement
Dans une réunion tenue le 25 octobre chez Chotard, on proposa le nouveau projet de règlement que nous donnons dans son entier :
Règlement concernant la Société Musicale dite « Fanfare d’Athée »
Art. Ier : Il y aura deux répétitions par semaine…
Art. II : Chaque sociétaire devra étudier…
Art. III : Toute absence non justifiée sera passible d’une amende…
Art. IV : En cas d’indisposition légère…
Art. V : Dans toute réunion, chaque sociétaire devra obéissance au Chef…
Art. VI : Chaque sociétaire, devra en entrant dans la dite Société, verser une somme de trois francs…
Art. VII : Chaque sociétaire devra payer ses amendes…
Art. VIII : Pour les sorties du dehors, le chef aura seul le droit…
Art. IX : Chaque sociétaire sera tenu de verser une cotisation mensuelle…
Art. XI : En ce qui concerne les casquettes, elles appartiendront en propre à chaque sociétaire…
La Sainte-Cécile
Les servitudes du Château
La Croix de Martigné
À la Toussaint 1888, la fanfare reparut à l’église pour la solennité. Enfin, le jour de Sainte-Cécile qui était aussi la fête de Saint Romain, patron de la paroisse, une solennité des plus imposantes eut lieu à l’occasion de la construction des servitudes du Château de la Chesnaye et de l’inauguration d’une croix au bord de la route de Saint-Martin-le-Beau, en face du village de Martigné…
Piteuse vengeance
En arrivant près de cet établissement, des malandrins que la jalousie, jointe à une bonne dose de stupidité, poussait à faire des farces, trouvèrent très spirituel de jeter de la peinture et des boîtes de sardines sur les musiciens qui jouaient dans la rue…