Sublaines par Robert Ranjard

In La Touraine Archéologique, 1930

Sublaines appartenait au XIe siècle à la collégiale de Saint-Martin et portait le nom de Sublena. Il existait à Sublaines deux fiefs, l’un appelé la Mairie, l’autre dit de Sublaines. Le fief de la Mairie dépendait de la collégiale de Saint-Martin et relevait d’Amboise et de la prévôté de Courçay. Le fief de Sublaines appartenait en 1578 à Pierre Baretin, et en 1673 à Gilles Deodeau.

L’église, dédiée à Saint Martin, est un monument du XIIe siècle, composé d’une nef et d’un chœur terminée par une abside circulaire voûtée en cul-de-four. La nef a été restaurée au XVe siècle. La porte occidentale en plein cintre est surmontée d’une accolade dont le fleuron a disparu. Une porte latérale ouvrant au nord ne présente plus qu’un fragment de la torsade qui circonscrivait son arc en plein cintre. Cette nef est couverte d’une fausse voûte de plâtre qui masque la charpente dont les entraits et les poinçons sont visibles.

Une travée carrée fait suite à la nef et est sous-jacente au clocher. Elle est voûtée sur une croisée de grosses ogives de section carrée. Une courte travée de chœur couverte d’un berceau en arc brisé et éclairé de chaque côté par une fenêtre en plein cintre, conduit à l’abside percée de cinq fenêtres en plein cintre. Sa corniche repose sur des modillons sculptés. Le clocher qui surmonte le chœur est décoré de deux arcatures, l’une au-dessus, l’autre au-dessous des fenêtres. Celles-ci au nombre de deux sur chaque face et en plein cintre sont moulurées d’un tore. A l’intérieur de l’église, on remarque une grande cuve baptismale, en pierre, contemporaine de l’édifice, un banc d’œuvre du XVe siècle, un saint évêque en bois du XIVe siècle, une sainte Catherine et un saint indéterminé du XVIe siècle.

L’Homme ou « Homme » est une ancienne métairie de la deuxième moitié du XVIe siècle, ayant probablement appartenu à la collégiale St-Martin. Il subsiste une tour rectangulaire percée au rez-de-chaussée du couloir d’entrée voûté en plein cintre, limité par deux arcades condamnées. Des pilastres soutiennent l’entablement entre les deux étages. A l’étage supérieur, chauffé par une belle cheminée, dont les pieds droits sont moulurés et la hotte verticale avec cartouche. Le deuxième étage est arasé. Le bâtiment adjacent à l’est est converti en grange et sans intérêt.

Les Cours sont une autre métairie ayant la même origine ; on y trouve une tour de même type à l’étage supérieur occupé par un colombier ayant conservé ses boulins.

Sur la commune de Sublaines, non loin de la route de Luzillé, se trouvent deux monticules appelés les Danges, autrefois nommés Mottes de Dangé. D’après une tradition que rien ne confirme, ils auraient été élevés par Clovis et Alaric pour fixer les frontières de leurs états. Une autre opinion en fait des tombes celtiques. La vérité est que leur origine est inconnue.