Luzillé par Robert Ranjard
In La Touraine Archéologique, 1930
Luzillé est cité par Grégoire de Tours sous le nom de Luciliacus, et au XIIe siècle, par les chartes de Marmoutier, sous celui de Luziliacum. Il formait une châtellenie relevant de l’archevêché de Tours et qui en 1330 appartenait à Jean Pinet, dit Roart. En 1469 Gonzalve d’Ars en était seigneur. Par la suite la châtellenie appartint à Aymar de Prie, grand maitre des arbalétriers de France et à sa descendance. Elle passa après 1690 aux de la Motte-Houdancourt, puis aux de la Ferté-Saint-Nectaire, et enfin à Nicolas-Marie de Tristan qui en était seigneur en 1789.
Au VIe siècle, une église fut fondée à Luzillé aux frais d’Injuriosus, évêque de Tours. Cet édifice primitif fut remplacé au XIIe siècle par une seconde église qui est celle que nous voyons aujourd’hui, mais qui a été très remaniée et restaurée au XVe siècle, puis en 1707 et 1760. Précédée à l’ouest d’une façade dont la porte est moderne, mais qui a conservé une fenêtre dont le rouleau mouluré d’un tore retombe sur des colonnettes, la nef couverte en charpente a conservé la base de son ancienne muraille méridionale du XIIe siècle, qui a été surélevée. Au XVe siècle, un collatéral lui fut ajouté au nord, communiquant avec elle par deux grandes arcades en plein cintre.
A la nef fait suite une travée couverte d’une fausse voûte et correspondant au clocher en charpente. Une arcade en tiers-point la relie au chœur carré, du XIIe siècle, dont la voûte a été refaite au XVe siècle, sur croisée d’ogives, moulurées d’un tore entre deux cavets et retombant sur des culs-de-lampe. Ce chœur est éclairé au midi par une grande fenêtre dans le style du XVIe siècle et par deux baies en plein cintre.
A 1 km au sud de Luzillé se trouve un polissoir fixe dit « la pierre de Saint-Martin », la légende ayant considéré les rainures et les cuvettes de polissage comme des empreintes du thaumaturge.