Epeigné-les-Bois par Robert Ranjard
In La Touraine Archéologique, 1930
Epeigné-les-Bois est cité dès 816 sous le nom de Spaniacus, dans un diplôme de Louis le Débonnaire. Formant un fief relevant du château d’Amboise, cette paroisse appartint dès le IXe siècle à l’abbaye de Villeloin , possession qui fut confirmée en 1070 par Foulques Réchin et en 1253 par le pape Innocent IV. L’abbaye de Villeloin y fonda un prieuré, dont le prieur portait le titre de seigneur d’Epeigné.
L’église paroissiale a sa façade orientale restaurée à une époque récente, et ajourée d’un triplet en tiers-point dont la baie médiane est plus haute que les latérales. La nef, du XIIIe siècle, est divisée en deux travées carrées, voûtées de voûtes sexpartites, comme l’église contemporaine de Nouans, dans la même région. Les ogives transversales retombent sur des demi-colonnettes engagées. Chaque demi-travée est éclairée seulement au nord par une fenêtre en lancette.
Cette nef aboutit à un transept dont le carré et le croisillon méridional ont été revoûtés sur croisées d’ogives au XIIIe siècle, mais le croisillon septentrional est plus ancien, date du XIIe, et a conservé sa voûte en berceau. Dans ce bras s’ouvre une absidiole semi-circulaire où l’on remarque une Vierge du XVIe siècle et deux statues provenant sans doute d’une Mise au Tombeau.
Le chœur a deux travées voûtées d’un berceau légèrement brisé, séparées par un gros doubleau de section carrée, sans mouluration. Il date du XIIe siècle, ainsi que l’abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four qui termine l’église. Cette abside a perdu ses fenêtres, condamnées par les contreforts qu’on a dû multiplier extérieurement pour la consolider.
Sous l’église, le rocher est creusé d’un souterrain converti en chapelle dédiée à Saint Aignan, avec une fontaine. Ce souterrain fut sans doute consacré à un culte païen antérieurement à la fondation de l’église.
Au sud de l’église subsistent les bâtiments du prieuré qui datent du XVe siècle mais qui ont été remaniés.