Courçay par Robert Ranjard
In La Touraine Archéologique, 1930
Placée dans une des parties les plus pittoresques de la vallée de l’Indre, bordée alors par une suite de rochers escarpés, Courçay s’appelait Curtiacus en 774. Le bourg et l’église paroissiale appartenaient à cette date à la collégiale Saint-Martin, qui fit au XIIIe siècle de cette localité le siège d’une prévôté étendant sa juridiction sur Saint-Quentin, Sublaines, la Grande et la Petite-Couture . Le prévôt de Courçay habitait un logis fortifié situé près des moulins et qui a disparu à la fin du XVIIIe siècle. Ces moulins étaient, eux aussi jadis, la propriété de la collégiale Saint-Martin.
L’église paroissiale, dédiée à Saint Urbain, date du XIIe siècle. La nef dont les murs sont extérieurement parementés en moellons disposés par assises et simulant un petit appareil, et ont été surélevés au XVe siècle, est éclairée par des petites fenêtres en plein cintre. Elle est continuée par un chœur très court de deux travées, vouté d’un berceau brisé soutenu par un gros doubleau à section carrée retombant sur des colonnettes engagées. L’abside voûtée en cul-de-four, est percée de trois fenêtres en plein cintre. La corniche est soutenue par des modillons grotesques. Le clocher qui épaule l’église au midi, bâti en blocage, a deux étages de fenêtres et est couronné d’une petite flèche octogonale à pans brisés. Dans la nef, on remarque une grande cuve baptismale circulaire avec piscine, du XIIe siècle, un Christ en croix et une vierge à l’Enfant du XIVe siècle.
Outre la cure, il y avait à Courçay un prieuré constituant un fief qui relevait du château d’Amboise.
Châtillon était un fief qui, en 1552, appartenait à Gilles des Cartes. Du logis seigneurial subsiste un bâtiment du XVe siècle en briques et pierres en mauvais état de conservation, entouré de bâtiments plus récents.
Au lieu dit « Grand Geay », au nord-est du bourg, subsistent quelques vestiges d’une muraille de l’époque mérovingienne.
Sur la commune de Courçay et non loin de la route nationale de Tours à Loches, se voient les bâtiments de la Grande-Couture, que le cartulaire de Cormery au XIe siècle désigne sous le nom de Cultura. C’était avec la Petite-Couture, appelée aussi la Jonchère, un fief relevant du château de Loches. La Grande-Couture fut au XVIe siècle la propriété de Jehan Hubaille, qui eut pour successeurs les familles de Gannes, le Haya, Guimier, Aubry et de Mallevaud. Converti en habitation de ferme, le logis seigneurial du XVIe siècle existe encore. Sa façade orientale offre une porte condamnée surmontée d’un fronton brisé avec médaillon et flanquée de pilastres. Les fenêtres ont été également condamnées.Il est flanqué au nord d’une grosse tour cylindrique. Une autre tour, plus basse, se dresse à l’angle nord-est d’un bâtiment de communs qui a été modernisé malheureusement il y a peu de temps.