La Fanfare 1886-1887
Livre VI
La Renaissance
1886
Baptême des Cloches
Le Baptême des Cloches qui eut lieu le 26 février 1886 marqua définitivement la scission et fut le point de départ de la renaissance musicale de la Fanfare.
Ce fut Mgr Meignan, archevêque de Tours, accompagné de Mgr Oury, évêque de Guadeloupe, qui bénit les deux cloches. Les parrains et marraines étaient : M. Henry Collinet de la Chesnaye et Mlle Alix Liébert de Nitray, puis M. Thomas et Mlle Marie Raimbault.
M. l’abbé Hénault, curé de la paroisse, ayant demandé la fanfare pour la circonstance, il lui fut répondu qu’elle n’était pas alors en mesure de figurer à la cérémonie. Se croyant donc autorisé à frapper à une autre porte, M. le curé invita pour rehausser la fête la fanfare Sainte-Cécile de Saint-Martin-le-Beau. M. Th. Ouchet, très froissé de cette démarche, se refusa dès lors à remettre le pied à l’église comme musicien et quitta définitivement la Fanfare pour fonder une nouvelle société nommée l’Union musicale — probablement parce que c’est elle qui mit la division.
L’Union musicale
Cette dénomination vraiment heureuse nous rappelle la définition du trait d’union : « espèce de petit trait qui sert à séparer deux mots. »
La société se réunit alors et rédigea le procès-verbal ci-dessous, relevé sur les registres de la mairie d’Athée :
« L’an mil huit cent quatre-vingt-six, le premier mars, à huit heures du matin,
Nous, François Raimbault, maire de la commune d’Athée, canton de Bléré, Indre-et-Loire,
Vu le procès-verbal de dissolution de la société musicale dite Fanfare d’Athée, procès-verbal à nous présenté par les membres de ladite société et dont la teneur suit : »
Procès-verbal de dépôt des instruments à la mairie
Nous soussignés, sociétaires de la musique d’Athée, avons à ce jour, d’un commun accord entre nous tous, dissous la Société ou Fanfare d’Athée, aux conditions et stipulations suivantes :
Article 1er – Masse
La masse de la Société qui existait a été partagée entre les sociétaires, qui le reconnaissent.
Article II – Instruments
La Société possède : deux pistons, une grosse caisse avec cymbales, un triangle, une bannière avec huit médailles, deux lampes, un bidon, des pupitres et différentes partitions.
Conditions
Les objets compris sous l’article II devront être remis entre les mains du Conseil municipal. Celui-ci devra les prêter à la première société de musique comprenant au moins douze exécutants.
Le Conseil n’aura donc jamais le droit de les vendre ou de les aliéner, vu que ce n’est pas un don que nous lui faisons, mais un dépôt.
Avons clos le présent ce jour vingt-huit février mil huit cent quatre-vingt-six.
Les membres présents : Roguet, Pillault, Longuet Émile, F. Raimbault, Molineau Désiré, Voland Désiré, Germain, L. Veillault, Th. Ouchet.
P.-S. : Seul Legeard n’a pas signé.
Avons reçu en dépôt les objets désignés à l’art. II du procès-verbal ci-dessus transcrit, nous réservant de consulter le Conseil municipal à la première session pour ce qui est des conditions de dépôt ci-dessus stipulées.
Fait en mairie d’Athée, le 1er mars 1886.
Le Maire : Raimbault.
Le Conseil municipal, par une délibération du 20 mai 1886, accepta le dépôt tel qu’il avait été présenté.
Remise à l’œuvre
Dans l’intervalle, nos jeunes musiciens, mécontents de cette division, s’étaient remis à l’œuvre pour recommencer une nouvelle société. Aimé Legeard, l’ancien caissier, fut un des fondateurs de ce nouveau groupe. Le 9 mai 1886, une cotisation à 3 francs fut remise entre ses mains par MM. Loiseau, Martin, Voland, Paul Hardion, Tremouilleau, Simoneau, Besnard, Champion, Aimé Legeard, Auguste Legeard, Girollet, Landré, Rateau et Chotard.
Organisation définitive
Ainsi groupés, nos jeunes virtuoses, qui remplissaient dès lors les conditions requises par le précédent procès-verbal, se dirigèrent vers la mairie pour y chercher les instruments. Ils leur furent remis ainsi que la bannière, qu’ils ramenèrent musique en tête dans les rues du bourg, comme le constate le procès-verbal de la municipalité en date du 3 juin 1886.
La Fanfare Sainte-Cécile de Saint-Martin-le-Beau revint encore cette année-là se faire entendre à l’assemblée.
La Sainte-Cécile
La société avait alors pour chef M. Voland-Delétang ; les réunions et les fêtes reprirent leur cours. Cette année-là, on célébra la Sainte-Cécile dans l’établissement de M. Chotard-Monmousseau, qui devint le lieu ordinaire des réunions de la Fanfare, et le bal y fut très animé. On avait pris le vermouth chez Champeaux, on alla boire un cognac chez Veillault.
1887
Soirée théâtrale
Pendant l’année 1887, la Fanfare organisa, au mois d’avril, une représentation théâtrale chez Chotard, où l’on joua Les Deux aveugles et La Chambre à deux lits. L’assistance fut étonnée du talent des jeunes acteurs et souhaita que la fête fût recommencée plus souvent.
La Sainte-Cécile
À part cette solennité, il n’est fait mention au livre de caisse que de la Sainte-Cécile du 22 novembre 1887, qui fut aussi solennelle qu’à l’ordinaire. À ce moment, les fêtes de la Fanfare se passaient avec un ordre parfait.