La Fanfare 1882-1883

1882

En 1882, la fanfare ayant été offrir ses vœux à M. l’abbé Hénault, curé de la paroisse, reçut la somme de 10 F pour ses étrennes.

Départ de Raimbault

Mais elle perdit cette année-là un de ses membres les plus assidus, parti pour le régiment : le jeune Raimbault. Ses camarades ne voulurent pas le laisser partir sans lui donner une marque de sympathie et lui offrirent un punch chez Ouchet fils.

Soirée théâtrale

Le 16 avril, une soirée théâtrale et musicale fut offerte par la fanfare et la jeunesse d’Athée, et se donna dans l’école des filles. Le tambour de ville l’avait annoncée, et des invitations avaient été faites aux châteaux de la Chesnaye et de Nitray. Madame Collinet honora de sa présence cette soirée récréative. On y joua notamment Le Savetier et le Financier ; le reste passa presque inaperçu. Cependant, voici pourquoi cette pièce resta célèbre : à un certain moment, il se produisit un entracte imprévu et un peu long. L’un des acteurs, le sieur Veillault, s’était absenté pour raisons urgentes ; mais hélas, l’appartement où il s’était retiré n’était pas, paraît-il, installé à l’anglaise… le pauvre malheureux s’effondra dans l’indescriptible ! Ce fâcheux incident n’empêcha pas le succès : la recette monta à 132 F 25, la dépense s’éleva à 19 F chez Ouchet fils, et à la même somme chez Louis Veillault. Les tables furent louées par Roncin ; bref, on déboursa seulement 44 F 25, ce qui fit plaisir au trésorier.

Comice de Bléré

La fanfare prit part au comice agricole et au festival de Bléré le 3 septembre de la même année, où tous nos jeunes gens s’amusèrent joyeusement.

La Sainte-Cécile

Le 22 novembre, la Sainte-Cécile ne perdit rien de sa solennité accoutumée ; un excellent vermouth pris chez Veillault ouvrit les appétits, et l’on dansa furieusement chez Ouchet.

1883
La Confirmation

Le 12 juin 1883, la confirmation fut l’occasion d’une grande solennité à Athée. Mgr Collet, archevêque de Tours, étant dangereusement malade, ce fut Mgr Belonino, évêque in partibus infidelium d’Hiéropolis, qui vint célébrer la cérémonie. Mais il n’eut pas la bienveillance habituelle de nos archevêques : après quelques paroles assez dures, il jeta un froid sur nos musiciens qu’il arrêta brusquement au milieu d’un morceau, sous prétexte de ne pas allonger la cérémonie. Le chef M. Ouchet, piqué au vif par cet incident, en garda un certain ressentiment.

Concours des Sables-d’Olonne

Quoi qu’il en soit, tout alla bien comme d’usage. Les 12 et 13 août, ce fut avec un enthousiasme indescriptible que tous les membres de la fanfare se dirigèrent vers les Sables-d’Olonne, où devait avoir lieu un concours musical. Rien qu’à l’idée de voir la mer, toute la fanfare se crut déjà engagée dans la flotte ! Certains s’incorporèrent même à la musique pour l’occasion, tel le sieur Rabotin, qui, pour s’offrir le plaisir de voir l’océan, paya une double cotisation et s’engagea à porter la bannière. Les cotisations furent élevées : tous les membres suivants versèrent chacun 18 F : Ouchet, Legeard, Longuet, Raimbault, Lebreton, Roguet, Douard, Aimé Hardion, Paul Hardion, Veillault, Molineau, Avenet, Voland, Germain. On avait déjà récolté 184 F 55 ; Rabotin avait versé 32 F. Au retour, un déficit subsista : chaque membre ajouta 1 F sans combler la somme. Le caissier avança 29 F 30 ; le total définitif s’éleva à 511 F 85. Pour se consoler, la fanfare accrocha à sa bannière deux médailles d’argent grand modèle.

Un campement

Aux Sables-d’Olonne, vu le grand nombre de sociétés musicales accourues au concours, on établit des baraquements en planches où nos artistes campèrent sans grand confort. Mais la température clémente et la bonne humeur de certains jeunes gens firent beaucoup de bruit, au point que Guérineau, excédé, lança ses bottines contre la cloison ! Chacun retrouva tout de même son compte : Legeard revint sans le savoir avec le chapeau de Guérineau, qui s’était approprié le sien. La fanfare, heureuse de ses succès, alla saluer au château de la Chesnaye Mme P. Collinet et lui présenta les nouvelles médailles. Généreusement, la châtelaine remit à la société la somme de 50 F, rétablissant ainsi la caisse et le caissier dans ses fonds.

La Sainte-Cécile

Le 22 novembre, on trouva encore moyen de fêter la Sainte-Cécile avec enthousiasme, fiers désormais d’avoir une bannière bien décorée.