La Fanfare d’Athée sur Cher

1880
A Legeard secrétaire

Nous avons retrouvé à partir de l’année 1880 le livre de caisse de la Société ; il fut tenu à cette époque par M. Aimé Legeard, et c’est lui qui désormais nous sera d’un précieux secours pour établir les dates les plus mémorables qui concernent la fanfare. La société, alors complètement réorganisée, reprit ses habitudes des fêtes et recommença à rehausser par sa présence les solennités de Pâques, la Fête-Dieu, la fête nationale, la Toussaint, la Sainte-Cécile, Noël et la Saint-Vincent, sans oublier le premier janvier. Il y eut, à l’occasion d’une de ces fêtes, une réunion musicale dont un photographe nommé Héron nous a laissé une assez bonne épreuve ; nous sommes heureux de pouvoir la reproduire.

La Sainte-Cécile

Le caissier nous apprend qu’au 22 novembre 1880, fête de la Sainte-Cécile, la caisse de la société dépensait pour ses membres la somme de 66,99 F, ce qui, avec les cotisations qui s’étaient élevées à 80 F, représente une respectable dépense de 146,95 F, compris les repas, le pain béni, le bal et tous les rafraîchissements. N’empêche que, pour des débutants, ils fêtaient bien leur patronne ! Heureusement que le caissier ne se perd pas dans les caisses, car elles font sans cesse parler d’elles ; c’est en effet en cette année que fut réparée la petite caisse, ou caisse roulante, que battait alors Émile Longuet.

1881

L’année 1881 s’ouvrit sous d’heureux auspices ; les premières fêtes de l’année eurent lieu avec un entrain admirable, et surtout sans le moindre incident fâcheux.

Concours de Tours

Les 3 et 4 juillet de cette année, la ville de Tours organisa un grand concours-festival auquel la fanfare n’eut pas à se repentir d’avoir pris part ; elle revint en effet avec deux superbes médailles grand modèle, en vermeil. Ce concours, qui dura deux jours, ne coûta pas trop cher à nos jeunes artistes ; l’ensemble des dépenses ne s’éleva qu’à 170,50 F. Il est bon de remarquer que dans ce temps une entente parfaite régnait entre les musiciens, et qu’ils savaient aimablement ouvrir leur bourse pour se procurer à eux et aux autres, moins fortunés, des satisfactions d’ailleurs bien légitimes.

La Sainte-Cécile

C’est grâce à ces cotisations des sociétaires que nous devons d’avoir conservé les noms de braves gens qui mettaient à cette époque la gaieté dans cette jeune troupe. Cette année, en effet, nous dit le livre de caisse, une cotisation de 9 F par tête servit de base à la préparation de la fête de Sainte-Cécile. Voici les noms des souscripteurs : Douard, Lebreton, Legeard, Longuet, Germain, Boisseau, Ouchet, Raimbault, Rousseau, Molineau, Voland, Hardion, Paul Hardion, Guérineau, Roguet, Veillault, Avenet. Messieurs Roguet et Raimbault avaient ajouté 10 F. Le vermouth fut servi chez Ouchet fils, on alla dîner chez Veillault ; de là, on se rendit chez Ouchet père, où le bal fut, dit-on, merveilleux ; et pour ne pas se refroidir, on prit un punch chez Veillault. En vertu du principe que toute belle fête doit avoir un lendemain, le jeudi qui suivit la Sainte-Cécile, Veillault fournit encore un nombre respectable de bouteilles de vin rouge pour arroser le pain béni qui fut dévoré chez lui.