La Fanfare d’Athée sur Cher

Livre IV
Le réveil
1872
On remonte la Société

Lorsque les blessures ouvertes par la triste guerre de 1870 commencèrent à se fermer, le courage reprit le dessus. On retrouva peu à peu les habitudes de jeunesse, et les anciens membres de la Fanfare d’Athée commencèrent dès l’année 1872 à grouper autour d’eux un nombre respectable de nouveaux élèves pour rétablir la société. Il fallut plusieurs mois de travail pour arriver au but proposé ; aussi, pendant toute l’année 1872, ne trouve-t-on pas mention d’aucune sortie en musique. Il faut aller jusqu’au mois de mai 1873 pour rencontrer une fête qui fut pour la fanfare un vrai succès et un puissant encouragement.

1873
Déjeuner à la Boule d’Or

Monsieur le baron Charles Liébert de Nitray, ancien maire de la commune d’Athée, toujours très dévoué à nos jeunes artistes, leur offrit un déjeuner à l’hôtel de la Boule d’Or à Tours, à l’occasion d’un concours qui eut lieu dans cette ville les 4 et 5 mai 1873. Il paraît que ce repas fut vraiment soigné ; les souvenirs en sont encore bien vifs : on y servit même des huîtres, puisqu’un certain Rossignol, qui depuis un moment les regardait dans son assiette, trouvait les coques si dures qu’il disait que les huîtres n’étaient pas cuites. Il y avait là aussi un M. Paumier, qui jouait l’alto ; il refusa d’abord de prendre les premiers plats qui passèrent, espérant sans doute se dédommager dans la suite. Mais lorsqu’il vit arriver le dessert, n’ayant pour ainsi dire pas mangé, il fut obligé de redemander le menu et de se faire servir après les autres, ce qui les amusa considérablement.

Concours de Tours

Ce concours eut lieu dans une école publique située derrière la Cathédrale, probablement rue de la Caserne. Pour le concours d’honneur, les musiques réunies sur le Champ de Mars jouèrent comme morceau d’ensemble une fantaisie intitulée Le Sommeil de Jésus. La Fanfare attacha à sa bannière une magnifique médaille commémorative en argent portant les dates des 4 et 5 mai 1873.

1874–1878
Interrègne

Nous regrettons vivement l’espèce de léthargie qui s’empara de la Fanfare d’Athée vers la fin de l’année 1873 jusqu’à l’année 1878. Nous ne trouvons aucune indication qui rappelle son existence. À quoi attribuer ce long silence ? Nous l’ignorons et sommes obligés de le respecter. Voilà donc cinq années que nous ne nous occuperons plus et nous allons passer à l’ère nouvelle de la société — ère de véritables luttes auxquelles le succès final a été accordé, en dépit des sinistres farceurs qui prophétisaient que la Fanfare d’Athée allait être ensevelie dans un éternel oubli.