Cigogné par Robert Ranjard

In La Touraine Archéologique, 1930

Bâti au milieu de la Champaigne tourangelle, Cigogné porte le nom de Villa Ciconiacum dans une charte de 943. Théotolon, archevêque de Tours, y fonda une chapelle vers 942; et de cet édifice primitif qui est devenue l’église paroissiale subsiste une grande partie du mur septentrional de la nef actuelle. Ce mur est parementé en petit appareil et présente la trace de trois fenêtres qui ont été condamnées. La nef a été refaite au XIIe siècle.Couverte en charpente avec lambris couvert de plâtre vers 1790, elle est précédée, à l’ouest, d’un clocher construit après elle, masquant en partie la façade romane, condamnant une fenêtre de plein cintre qui l’ajourait et respectant la porte de plein cintre dont la voussure est décorée de feuilles et retombe sur les chapiteaux ornés d’entrelacs et de feuillages de deux colonnes engagées. Une arcade en tiers-point relie la nef au chœur, édifié à la fin du XIIe siècle sur plan rectangulaire, éclairé à l’est par un triplet dont la baie médiane est plus haute, et couvert d’une voute sur ogives et formerets profilés d’un tore.

Au nord de l’église se trouve la Tour de Cigogné, édifice carré dont le couronnement a disparu, mais dont le sommet des angles porte encore des culs-de -lampe soutenant autrefois des échauguettes. Elle est construite en blocage et ses deux faces orientale et occidentale étaient percées chacune d’une fenêtre en arc brisé divisée par ses meneaux en deux lancettes et un oculus. La fenêtre de l’est a été condamnée. Les planchers qui séparaient les étages supérieurs ont disparu. Le rez-de-chaussée est couvert d’une voute en berceau brisé. On peut dater cet édifice du XIVe siècle. La Tour de Cigogné était le siège d’un fief particulier appartenant à des laïcs, tandis que celui de la paroisse appartenait à l’abbaye de St Julien. Le fief de la Tour de Cigogné était possédé au XIe siècle par Lysois de Bazougers. Il le fut aux XVIIe et XVIIIe siècles par les familles Le Roux de Fontenay et de Thienne.