La Fanfare d’Athée sur Cher

1855
Les premiers pompiers

        Une compagnie de sapeurs-pompiers, se forma en 1855 à Athée sous l’inspiration et le commandement de M. Henri de Laluisant, lequel, vu le nombre déjà considérable des Pompiers, fut nommé sous-lieutenant. Il avait sous ses ordres les sergents François Raimbault et Pierre ardouin, le caporal Théodore de Laluisant porte-drapeau, Victor Foussier caporal Tambour, Casimir Hardouin et Rogues tambours, enfin deux sapeurs : Toussaint Volant et Charles Delétang. Les musiciens prirent rang dans la compagnie et furent astreints aux manœuvres et aux revues.        

Les Fêtes

        Depuis cette époque jusqu’en 1870, la musique et les pompiers assistaient aux fêtes de Ste Barbe, aux processions de la Fête-Dieu, au 15 août, fête de l’empereur. Au premier jour de l’an, les musiciens donnaient des aubades chez les autorités, chez leur chef et chez M. Rancher.
        La Fête de Ste Barbe étant la fête des pompiers, on faisait ce jour là un banquet par souscription; et au temps de M. Silvain Raimbault l’ancien maire, on déjeunait très bien, parait-il, pour cinquante centimes par tête – Que les temps ont changés !!!

1856
Le règlement ne plaisante pas

        En l’année 1856 un registre tenu par le sergent Raimbault, nous retrace quelques détails des revues et manœuvres; le 1er Dimanche de chaque mois, avait lieu la manœuvre, et chaque trimestre une revue. La première des revues dont nous retrouvons la date sur le livre de la compagnie, eut lieu le 1er juin 1856.
        La discipline était d’une sévérité digne de remarque, allant parfois jusqu’au comique, et nos braves Pompiers et musiciens s’y soumettaient assez facilement. Pour en donner un exemple nous puiserons au livre de la Compagnie que M. Silvain Landré plus tard sergent, actuellement retiré de la compagnie a bien voulu nous confier quelques jours.
        Le 13 juillet de cette année, le Conseil de discipline de la Compagnie, réuni à la mairie en séance publique, condamne le nommé Louis Herbault à un total de 6 francs d’amendes, pour n’avoir pas présenté de moyens de défense valables, justifiants ses nombreuses absences.

La discipline

        Le 10 août de la même année, le même Conseil ayant à juger le sapeur Jean Chauveau, pour insubordination et absences non motivées, le condamne à payer les amendes et à la réprimande avec mise à l’ordre. On raconte même, que le conseil sans doute se prenant un peu trop au sérieux, lui avait infligé trois jours de prison. Jean Chauveau qui malgré son insubordination restait soumis à la discipline, se rendit à la Gendarmerie de Bléré pour y accomplir sa peine; mais le Maréchal des Logis le reçut le sourire aux lèvres et commua d’office sa peine contre un certain nombre de bouteilles de vin qu’il dut offrir à ses camarades.
        Au reste, les amendes tout en n’étant pas très élevées étaient appliquées régulièrement à raison de quinze centimes pour absence motivée et avec permission et vingt cinq centimes pour absence sans permission; en cas de récidive trop fréquente, le Chef élevait les amendes au double de leur taxe. Et ce qui n’est pas une mauvaise chose, chacun les payait régulièrement.
        Aussi la Compagnie, les soirs de Ste Barbe ne dinait déja plus à cinquante centimes, mais à un franc vingt cinq par tête. Une année chez M. Lucien Monmousseau, une autre chez M. Théodore Ouchet.
        La musique jouissait dans cet heureux temps des mêmes droits que les Pompiers et les jeunes artistes étaient exempts de corvée.